• Astrolude : Thérèse Lacan

AXEL KAHN

J’avais envisagé de placer l’année 2021 sous la thématique de la Maison 8 et une de ses composantes : la mort.

Il s’agit d’un sujet que peu de contemporains abordent facilement. Les morts n’intéressent pas grand monde contrairement aux personnes proches, encore présentes. Et pourtant, dans d’autres civilisations, les disparus occupent une place de choix. On les honore, on se revendique de leur lignée. On les cajole. On leur apporte des présents.

Je reconnais avoir de la difficulté à m’entretenir de la mort avec des personnes ayant perdu un proche jeune ou plus âgé. Une fois relatées les circonstances de l’évènement, aucune perception d’un au-delà ne vient à moi. Je ne dispose pas de moyen supposé adoucir la souffrance de la perte de l’être cher. Aucun mot ouvrant sur une perspective, débouchant sur une croyance. L’absence de matériaux, de clefs, de signifiants pour cela.

A cet égard, deux fragments de pensée relatifs à ce thème ont occupé mon esprit en 2021 : la lecture de l’ouvrage d’une femme rabbin narrant son accompagnement des mourants et des morts d’une part, les écrits publiés dans les réseaux sociaux par un médecin célèbre qui déclarait être en fin de vie, d’autre part. S’agissant d’un scientifique offrant des pages d’annotations à ses amis quelques semaines avant un trépas annoncé, le message m’est apparu plus que digne d’intérêt.

J’ai été, durant quelques semaines, suspendue à ses publications Facebook. Qu’avait-il à nous dire ?

Quel message voulait-il passer ? Comment allait-il ? Souffrait-il ?

A ses amis, à ceux qui lui écrivaient, il n’avait de cesse d’exprimer sa gratitude en dépit de l’éloignement.

Comme l’a bien écrit Jacques Vanaise dans la gazette de la FDAF de novembre, la perspective karmiste de la réincarnation peut être sujette à doutes et remises en question. Ni la femme rabbin, ni le professeur en fin de vie, ne mentionnent de telles croyances.

Quitte à revenir sur le sujet en 2022, j’ai prévu de m’attarder sur un passage du journal de bord de cet homme prénommé Axel.

Cet article a pour but de lui rendre un véritable hommage et d’accepter son éclairage pour les deniers instants d’une vie terrestre. Voilà ce qu’il écrit dans les dernières semaines de son existence : un article intitulé « Le bout du chemin »

Pour mémoire, le professeur Axel Kahn, généticien et président de la Ligue contre le cancer, a révélé qu’il était atteint d’un cancer incurable. Confronté à l’imminence de la mort, il prend la parole une dernière fois pour lancer un message d’espoir à ceux qui restent. Depuis que le célèbre Président de la Ligue contre le cancer a annoncé, le 12 mai, se mettre en retrait de ses fonctions, « rattrapé par la patrouille », une vive émotion s’est emparée de nombreux Français qui l’ont vu, ces quinze derniers mois, batailler sans relâche dans les médias pour que les malades du cancer ne soient pas les grands oubliés de l’épidémie du covid. Alors que la fin approche, le brillant scientifique au verbe haut parle sans fard de la mort, des femmes et de la beauté du monde.

« L’attitude face à la mort lorsqu’elle n’est pas d’actualité est très diverse selon les êtres. La plupart des gens jeunes en exorcisent jusqu’à l’idée, ce qui constitue une mesure d’auto protection efficace. Cette insouciance de la mort est à peine entamée par les deuils des anciens, rangés dans une autre catégorie que les vivants. Certains à l’inverse vivent dans la terreur de la camarde qui jette son ombre sur leur vie entière. Les métiers de la mort (pompes funèbres, fossoyeurs, notaires...) la banalisent et s’en dissocient en général. De même les soignants et médecins. Je suis dans ce cas, la mort m’est habituelle depuis si longtemps, elle ne m’obsède pas. Il n’empêche, j’ai depuis longtemps la curiosité de ce que sera mon attitude devant la mort. Il y a ce que l’on désire qu’elle soit et ce qu’elle est. Des croyants sincères qui ne doutent pas du royaume de Dieu sont submergés par la terreur lorsqu’elle s’annonce. Tel n’est pas mon cas. Je vais mourir, bientôt. Tout traitement à visée curative, ou même frénatrice, est désormais sans objet. Reste à raisonnablement atténuer les douleurs. Or, je suis comme j’espérais être : d’une totale sérénité. Je souris quand mes collègues médecins me demandent si la prescription d’un anxiolytique me soulagerait. De rien, en fait, je ne ressens aucune anxiété. Ni espoir - je ne fais toujours pas l’hypothèse du bon Dieu -, ni angoisse. Un certain soulagement plutôt. Selon moi, limiter la vie au désir de ne pas mourir est absurde. J’ai par exemple souvent écrit que lorsque je ne marcherai plus, je serai mort. Il y aura un petit décalage puisque je ne marche plus, mais il sera bref. Alors, des pensées belles m’assaillent, celles de mes amours, de mes enfants, des miens, de mes amis, des fleurs et des levers de soleil cristallins. Alors, épuisé, je suis bien. Il a fallu pour cela que je réussisse à « faire mon devoir », à assurer le coup, à dédramatiser ma disparition. À La Ligue, j’ai le sentiment d’avoir fait au mieux. Mon travail de transmission m’a beaucoup occupé, aussi. Je ne pouvais faire plus. Je suis passé de la présidence d’un bureau national de La ligue le matin à la salle d’opération l’après-midi. Presque idéal. Alors, souriant et apaisé, je vous dis au revoir, amis ».

Tel est, un de ses messages. Il sera suivi de nombreux autres, inattendus.


Thème natal de Axel Khan, né le 5 septembre 1944 à Petit Pressigny (37), à 22 H. Source Didier Escoffon

Un axe 6-12 valorisé qui contient la quasi-totalité des planètes du thème. La maison 6 abrite les deux maîtres de la 12, ainsi que son propre maître. Forte imbrication des deux pôles dédiés aux contraintes, aux maladies, aux enfermements, aux sujétions de toutes sortes.

Thème d’un malade ou, dans l’hypothèse où la maladie est sublimée, d’un médecin, ou encore des deux. Le natif connaît l’obligation virginienne de servir l’autre, le plus souvent, le malade. C’est un métier de type vocationnel dans lequel la passion côtoie la servitude. Que l’ascendant soit Bélier ou Taureau, les maîtres, Mars et Vénus, conjoints entre eux et encadrant Neptune, épousent les valeurs neptuniennes des Poissons et la Maison 12, dont Neptune est maîtresse.

Il existe une obsession (Neptune quadrature Saturne maîtresse de 10) professionnelle, voire une tendance masochiste tendant à aliéner son propre équilibre mental.

La profession exigeante contraint à mobiliser toutes les forces du sujet. Tantôt exaltée (Jupiter carré Uranus), tantôt avide de renommée, (Soleil conjoint Jupiter), tantôt au faîte de la passion (Vénus-Mars conjoints à Neptune), le natif a vécu, à travers elle, des moments féconds.

Saturne exilé en Cancer, maîtresse de la X indique néanmoins, une voie étroite, un chemin escarpé au service d’une réalisation laborieuse et exigeante ?

Ce sujet a été attiré par la communication (Mercure Vierge), jusqu’au bout. Il a voulu une notoriété à sa mesure : différente, spectaculaire, jusqu’au-boutiste. Un Soleil-Jupiter Vierge en quadrature à Uranus peuvent conférer la volonté de sortir de la réserve virginienne et de faire voler en éclat les freins d’un Jupiter en exil, pour aboutir à l’exposition médiatique Soleil-Jupiter (complexe dit spectaculaire par Jacques Berthon), dont son dernier parcours témoigne.

Pour aller vers la popularité conférée par une Lune Bélier valorisée, le professeur Axel Khan a sublimé les limites imposées par l’axe 6-12.


Thérèse Lacan Merlin fondatrice d’astrolude, l’association qui parle d’astrologie


9 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout